Philosophie

Corruption

est une image d’un fait (représentation objective) ou une impression subjective qui marque nécessairement le passage entre ce qui était naturel et ce qui est devenu un fait social. C’est une des idées des Physiciens Grecs (Phtora, matière corruptible) et biblique (décadence chez Saint Augustin) mais je reprends aisément la corruption chez Pascal comme conditionnant les hommes et chez Jean Jacques Rousseau (un fait social et politique). En effet, Rousseau a éprouvé et démontré que la société corrompt les hommes, les mœurs. Je m’essaye de reprendre cette notion de corruption sans arrière-plan moral. Les pressions sociales mettent au jour l’idée de corruption.

Le fait social de vouloir faire comme autrui est une pression ou force sociale : effet de mode, conscience collective, manipulation des foules, marketing, publicité, modèles ou personnes exemplaires… Ces faits sociaux peuvent nous entraîner vers le “bas”, c’est à dire que l’on peut perdre notre autonomie (“liberté” pour certain), notre argent, notre temps, notre dignité, etc… La société a donc des effets pervers, et lorsqu’une génération est sous le coup de ces effets pervers, on peut dire qu’elle a été corrompue.

La corruption peut être décrite comme une chose illusoire qui n’existe pas, car il n’y avait ni mieux avant ni moins bien et qu’aujourd’hui n’est pas forcément pire. En effet, cette idée que “c’était mieux hier” peut être un effet de nos affects (mélancolie, nostalgie, perte de sens…). De ce fait, la notion de corruption n’est pas réelle, car ce sont nos sentiments qui parlent à notre place qui déroutent notre représentation du monde. Je conçois et concède cette critique. C’est pour cela que j’ai mis que la corruption pouvait être aussi une impression subjective. Cette impression de corruption pourrait décrier par exemple une société oisive alors que la société est productive, ou encore montrer le décalage entre ce que je fais (conduire une voiture très polluante) et ce que je pense ou dis (propos d’écologiste).

La corruption sociale et objective (donc non psychologique et affective qui est plus une impression ou un sentiment) se base sur des faits. Elle peut être au moins de deux types, individuelle ou touchant l’espèce. En ce qui concerne l’espèce, la corruption est rétrospective, historique, elle se voit dans le temps. Elle suit l’évolution de l’homme. Par exemple, une corruption de notre espèce est le besoin du développement intellectuel. Ce besoin est ancré dans toute société humaine, dans chacun de nos codes. On ne peut pas faire autrement pour vivre que de dépasser l’âge mental de 6 ans (l’âge des raisonnements), et ceci est un fait social à l’échelle de notre espèce. Aujourd’hui dépasser cet âge est une nécessité sociale absolue pour vivre. Ce dépassement n’est pas naturel, il est devenu naturel.

Il y a une grande différence entre ce qui est naturel, c’est-à-dire propre à l’espèce en tout temps, et ce qui devient naturel : une nécessité sociale. Le développement intellectuel est un effet de la sociabilisation. Bien sûr, le développement cognitif, intellectuel, de la raison, des goûts, de la sensibilité se font par nos moyens biologiques, mais l’impulsion est sociale (vie en groupe).

(Aparté : les lions étant les félins les plus sociaux, j’espère qu’ils évolueront plus vite que tous les autres ! Vive les lions!)

Nous sommes des êtres (biologie) sociaux. Dès lors qu’il y a en jeu biologie et être sociable, nous ne pouvons pas rester les mêmes. La société est ce qui nous rend altérables, nous avons des dispositions biologiques pour faire évoluer notre terreau intellectuel mais la société en est le moteur.

La corruption individuelle se met en place dans une société donnée. Elle marque la perte de soi au profit d’un fait social. Corrompu revient souvent à ne pas respecter son intégrité, sa dignité et rejoint le concept d’aliénation. En effet, dans la corruption, on part toujours de quelque chose qui n’est bon ni mauvais, mais qui est quelque chose de stable : l’être. Je n’ai pas d’autres exemples que moi-même. J’ai seulement pu observer mon être qu’avec l’intuition. Le devenir est ce qu’on ne peut pas s’empêcher d’être, la corruption est la déviation de ce devenir.

Exemple : J‘ai toujours été un “analyste” (profil psychologique), c’est à dire que rares sont les instants où je ne réfléchis pas sur les conséquences de mes actes, où je ne m’adapte pas avec les personnes avec qui je traite (ça fait fuir les filles malheureusement), en gros, je ne m’avance pas sans réfléchir un minimum… Ce qui peut aller à l’encontre de la spontanéité. J’ai été obligé de corrompre ce comportement naturel d’analyste justement pour être quelqu’un de plus sociable. J’ai donc remplacé ce comportement trop sérieux par un comportement socialement inculqué, celui du boute-en-train.
Autre exemple, je suis profondément inspiré par les choses que j’aime mais je suis naturellement flemmard pour les choses dans lesquelles je ne trouve pas d’intérêt. J’ai dû corriger ce trait de paresse dans certains épisodes de ma scolarité.
Voilà quelques futiles déviations que j’ai engendrées.


Article en lien : Humanisme et marasme

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.