Philosophie

gravité


Typiquement une musique (que je trouve) grave.
Gravité, lourd d'existence, se franchir

La gravité détermine l’enjeu de votre vie. Le grave en vous, vous pourrez donner congé à cette question : “qu’ai-je accompli ?”

est la rencontre (le plus souvent une collision ou quelque chose qui nous “tombe dessus”) de soi et du monde, un moment de forte connexion avec ce qui est essentiel. En bref, une prise de conscience libératrice, bouleversante. On pourrait dire que la gravité est un état de très forte lucidité, mais la lucidité n’appartient qu’aux pensées (cerveau, entités cognitives). En effet, la gravité affecte non seulement la représentation du monde que j’ai, mais aussi comment je me (re)trouve, je me perçois, et affecte ainsi nos manières d’agir en plus des manières de penser. De là, nos comportements et nos actions peuvent différer, de même notre corps peut prendre d’autres formes. La gravité joue le rôle de la turbine de ton existence, jamais tu ne vivras mieux, tu ne seras plus toi qu’avec ce moteur qu’est la gravité.
La gravité peut prendre différents aspects : psychologique, social, émotif, charnel… Quoiqu’il arrive la gravité est existentielle, elle fait appel à ce que nous sommes et à ce qu’on ne peut pas nous enlever.

Quelques exemples :

Malheureusement, la gravité nous réveille de notre présent, et le réveil sonne très fort et très souvent quand il s’agit de santé. La santé est grave, elle vous dirige vers l’essentiel de votre vie. Elle dirige mais ne contraint pas. Ce n’est pas parce qu’on est malade qu’on sera plus en accord avec soi et le monde. La maladie est déjà quelque chose d’assez lourd, s’il faut gérer en plus la redirection de son être et donc d’affirmer sa remise en question, cela demandera alors beaucoup d’énergie et de stabilité.

D’autres événements pouvant faire jaillir des instants de gravité : le fait de toucher à son rêve, ou de se réveiller après un rêve saisissant, les prises de décision (le fait de délibérer), se confier à quelqu’un, le Sublime, l’état contemplatif, la mélancolie, l’idée de mort, la naissance de son enfant, la réussite d’une entreprise personnelle ou professionnelle, s’accomplir dans quelque chose, l’amour, le meurtre, ses premières fois, le voyage, l’étranger ou les étrangers, l’horreur (la guerre notamment), l’éveil (développement intellectuel, cognitif, personnel, amoureux…), la fin d’une chose qui nous importe (fin du monde, sa retraite, relations, voyages), philosopher Non philosopher n’est pas élitiste ! Quand tu fais le bilan de ta vie, tu es grave et tu philosophes, quand tu penses à l’éducation de tes enfants, tu philosophes, quand tu passes un examen, un entretien primordial, tu philosophes sur comment être le meilleur. Philosopher, c’est formuler ou se poser des problématiques que l’on traite en action ou par la pensée !

Gravité, aspect social : dans un coin de rue, me sentant à l’abri des regards, je me mets à chanter ma chanson préférée. Soudainement, un couple passe et m’entend. Cette chanson est le symbole de mon amour perdu. L’interaction entre le couple qui me surprend et moi chantant, me fait sentir à quel point je suis seul et que finalement, l’amour m’a laissé un grand vide, un vide laissant une trace. Mais c’est l’interaction avec le monde social qui me le fait dire, seul, je ne peux que me le formuler sans sentir le poids des mots (leur véritable sens). La gravité pèse et nous saisit. Elle nous dirige vers l’essentiel. Je vais donc chercher à combler ce vide, car je n’avance plus.

Gravité, aspect psychologique : je me parle souvent dans ma tête, comme tout le monde. Je me suis souvent dit que ma jeunesse se vivait dans l’instant présent et que les amis se comptaient sur les doigts de la main, alors je suivais mes amis dans chacun de nos délires. Plus tard, je me suis calmé, j’ai eu 2 enfants. Les responsabilités. Je n’avais plus de grands amis, ce que je devais faire, c’était de préparer le futur de ceux que j’aimais, j’ai donc travaillé dur pour eux. Maintenant vieux et con, et seul, je me suis dit qu’en réalité, j’ai vécu à travers les autres, car ils me donnaient ce sentiment d’existence que je ne savais pas créer tout seul. Maintenant seul, je ne sais plus comment vivre. J’ai un sentiment implacable d’amertume pour ces visions (naïves) du monde qui ne m’allaient pas. 60 ans passés, voici ma gravité : je m’étais inventé des représentations du monde qui n’étaient pas les miennes pour donner du sens à ce que j’eus vécu en oubliant de comprendre quel était le sens de mon être. Dès aujourd’hui, je vivrai d’abord pour moi puis pour ce(ux) que j’aime.


Articles en lien : Gravité et Légèreté  ; le sentiment d’existence ; Lionne ; Contre mon temps ; La poigne , ?!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.